11/04/18

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Ta robe de coton fin est suspendue à la fenêtre

Elle se souleve, voile léger

la lumière blanche coule à travers les volets,

cascade sur les carreaux

un ruban blanc tissé de bleu

on entend monter le gargouillis de l'abreuvoir.

Les muffles sombres se pressent contre la fraicheur de la pierre,

les queues fouettent les mouches, l'air en feu,

Les cils battent pour protéger les yeux d'or du troupeau.

Les pins sont coupés de la veille, un parfum de mûres, de resine, de sarriette.

Tu es assise sur les troncs encore pleins de larmes rouges.  

Sur tes genoux serrés égratignés de ronces, tu as posé ton livre,

le regard baissé, les doigts lissent des pages où les mots se dissolvent.

Je te prends par la main,

nous traversons le jour trop clair, l'abreuvoir, les volets de bois,

la robe de fillette 

et tu deviens qui je suis.

*

Cécile A. Holdban

 @rt, R. Bossù 

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12/02/18

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Là où mon âme me porte

nul oiseau n'est jamais allé

mon âme, fends l'espace

à travers les nuées

ton aile est plus rapide

que celle des oiseaux.

 

*

Cécile A. Holdban

 in, Poèmes d’après suivi de La Route de sel

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27/09/17

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Le vent des rues est triste
le vent des cages
bon à briser
des parapluies

les fontaines asséchées
les lions de bronze dévorent
leur collier

combien de passages
encore sur cette terre
combien de mues
combien de peaux 
entassées dans l’amas
des feuilles mortes ?

Le ciel des villes siffle
il grouille de serpents.

*

Cécile A. Holdban

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23/07/17

 

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J'ai quitté ces pays d'or rouge et d'étendues

pour des forêts plus proches, des sentiers plus intimes

des cascades de feuilles et de silence

abritant le souffle de mes enfants de chair

abritant un amour à la grâce farouche

qui tous les soirs vient boire à la source.

Comme les porteurs d'eau, je mesure avec lenteur

la distance plus grande à chaque pas, chaque perte

chaque cri, chaque naissance, m'éloignant un peu plus 

de ce que j'ai laissé,

à mesure que j'avance et m'éloigne de la source

et que je bois ma vie, le fardeau s'allège ou s'alourdit

et dans mes paumes je garde

un peu d'eau et quelques étoiles.

 *

Cécile A. Holdban

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19/05/17

 

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 Aussi bref que soit le temps des roses

les images qu'elles suscitent

ne cessent jamais d'éclore.

 

 Tout ce que nous percevons du monde

est inscrit dans une paume

qui nous échappe et nous contient.

 *

Cécile A. Holdban

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