11/02/18

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Une brève pause

 

 Quand au matin mes pieds frôlent le gravier

l'air frais sur les épaules
j'aimerais te dire que quelque chose change
j'aimerais te dire
j'aimerais te parler
 
j'aimerais te parler de ces heures
au bord des mains
sur le coin des yeux
le silence qui nous fauche
et le présent permanent
 
nous ne sommes qu'un peu d'air
une brève pause entre deux ciels
 
 
 c'est une tempête sur le bord des rives
vagues à la furie manifique
j'aimerais te décrire la violence du beau
j'aimerais te décrire
j'aimerais t'exprimer
 
j'aimerais t'exprimer parmi
tes courants perdus
tes rêves d'ailleurs en ici
ton ressac à rêves
et ta marée permanente
 
nous ne sommes qu'un peu d'air
une brève pause entre deux ciels
 
 
 il y a des jours qui s'écrivent
comme des murmures
comme des fuites
des jours où perd la nuit
des jours où meurt le soleil
des jours qui restent muets
des jours qui nous effacent
des jours avec comme un goût amer
au fond du sucré du vivre
 
 
nous ne sommes qu'un peu d'air
une brève pause entre deux ciels
*
Vincent Motard-Avargues

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21/01/18

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Nous accostons la trame 
de quelque image du monde 
nous tenant là sur les rives 
du même parlant bas 
craignant de réveiller 
la perte ou le manque

 *

© Claude Miseur

 

*

 

Boris P.

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14/01/18

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D'où vient-elle – la voix qui
nous déchira de l'intérieur, qui
apporta la pluie noire
de l'automne, et s'enfuit parmi
les brouillards et les champs
dévorés par les herbes ?

Elle était ici – ici à l'intérieur
de nous, comme si elle s'était toujours
trouvée là ; et nous ne
l'entendons pas, comme si elle ne nous
parlait pas depuis toujours,
là, à l'intérieur de nous.

Et maintenant que nous voulons l'entendre,
comme si nous l'avions re-
connue jadis, où est-elle ? La voix
qui danse la nuit, en hiver,
sans lumière ni écho, tandis qu'elle
prend de sa main le fil
obscur de l'horizon.

Elle dit : « Ne pleure pas ce qui t'attend,
ne descends plus la rive
du fleuve ultime. Respire,
d'un trait bref, l'odeur
de la résine, dans le bois, et
le souffle humide du poème. »


Comme si nous l'entendions.

*

Nuno Judice

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13/01/18

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nous serions-nous
si je n'étais celui

qui puise

par ses branches
la lumière d'à terre

 *

 Cédric Bernard

 

*

 Christian Schloe

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04/01/18

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Tu vois

il y avait des
mots

oui

tant

je me les
murmure

sous cette
promesse
de soleil

*

Vincent Motard-Avargues

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30/12/17

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Elle saisit un peu de la couleur 
de l'ombre autour de l'ombre,
un peu du blanc et du noir dedans,
un peu des lignes à rincer.

Les mots sont ainsi,
si vite caillés de sang
et de lait.

*

Brigitte Giraud

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 Dans la nuit du cœur

la lente goutte de ton nom
glisse et tombe et brise et déploie
en silence son eau.
 
Légère sa blessure exige quelque chose
et sa déférence courte et infinie,
comme le pas d'un être qui s'égare
soudain entendu.
 
Soudain, soudain perçu
et dans le coeur répandu
avec l'insistance triste et le déploiement
d'un rêve froid d'automne.
 
La roue épaisse de la terre
fait rouler sa jante humide d'oubli
coupant le temps
en d'inaccessibles moitiés.
 
Ses dures voûtes couvrent ton âme
répandue dans la terre froide
avec ses pauvres étincelles bleues
volant dans la voix de la pluie.
 
*
 Pablo Neruda

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04/12/17

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 Je traversais le sommeil

comme une forêt qui brûle

je voulais, très vite,
toucher des yeux
le jour.

 *

Claude Esteban

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18/11/17

nuages

 

Sans autre patrie 
que le cortège des nuages
un homme marche oublieux
dans la lumière des ruines

Il chasse en silence
les voix lointaines
& le bruit de l'histoire.

*

Pascal Boulanger 

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08/11/17

eg

  

 

Je n’aime pas
Qu’il y ait en moi

Ces espèces de brouillards
Qui empiètent sur mon domaine

Et ne me laissent pas voir
Où je suis, où j’en suis.

Alors j’attaque, je ramasse
Tout ce qu’au-dedans je trouve

Et tout ce qu’au-dehors j’arrache
Comme clarté ou moyen d’en faire naître.

Dans ce dehors,
Les mots percent.

Les mots sont des épées
Contre les ventres des brouillards.

 

*

Eugène Guillevic 

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