acqua di fiori

14/01/18

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D'où vient-elle – la voix qui
nous déchira de l'intérieur, qui
apporta la pluie noire
de l'automne, et s'enfuit parmi
les brouillards et les champs
dévorés par les herbes ?

Elle était ici – ici à l'intérieur
de nous, comme si elle s'était toujours
trouvée là ; et nous ne
l'entendons pas, comme si elle ne nous
parlait pas depuis toujours,
là, à l'intérieur de nous.

Et maintenant que nous voulons l'entendre,
comme si nous l'avions re-
connue jadis, où est-elle ? La voix
qui danse la nuit, en hiver,
sans lumière ni écho, tandis qu'elle
prend de sa main le fil
obscur de l'horizon.

Elle dit : « Ne pleure pas ce qui t'attend,
ne descends plus la rive
du fleuve ultime. Respire,
d'un trait bref, l'odeur
de la résine, dans le bois, et
le souffle humide du poème. »


Comme si nous l'entendions.

*

Nuno Judice

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13/01/18

cs

nous serions-nous
si je n'étais celui

qui puise

par ses branches
la lumière d'à terre

 *

 Cédric Bernard

 

*

 Christian Schloe

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04/01/18

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Tu vois

il y avait des
mots

oui

tant

je me les
murmure

sous cette
promesse
de soleil

*

Vincent Motard-Avargues

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30/12/17

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Elle saisit un peu de la couleur 
de l'ombre autour de l'ombre,
un peu du blanc et du noir dedans,
un peu des lignes à rincer.

Les mots sont ainsi,
si vite caillés de sang
et de lait.

*

Brigitte Giraud

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Dans la nuit du cœur
la lente goutte de ton nom
glisse et tombe et brise et déploie
en silence son eau.
 
Légère sa blessure exige quelque chose
et sa déférence courte et infinie,
comme le pas d'un être qui s'égare
soudain entendu.
 
Soudain, soudain perçu
et dans le coeur répandu
avec l'insistance triste et le déploiement
d'un rêve froid d'automne.
 
La roue épaisse de la terre
fait rouler sa jante humide d'oubli
coupant le temps
en d'inaccessibles moitiés.
 
Ses dures voûtes couvrent ton âme
répandue dans la terre froide
avec ses pauvres étincelles bleues
volant dans la voix de la pluie.
 
*
 
Pablo Neruda

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04/12/17

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Je traversais le sommeil
comme une forêt qui brûle

je voulais, très vite,
toucher des yeux
le jour.

 

Claude Esteban

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18/11/17

nuages

 

Sans autre patrie 
que le cortège des nuages
un homme marche oublieux
dans la lumière des ruines

Il chasse en silence
les voix lointaines
& le bruit de l'histoire.

*

Pascal Boulanger 

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08/11/17

eg

  

 

Je n’aime pas
Qu’il y ait en moi

Ces espèces de brouillards
Qui empiètent sur mon domaine

Et ne me laissent pas voir
Où je suis, où j’en suis.

Alors j’attaque, je ramasse
Tout ce qu’au-dedans je trouve

Et tout ce qu’au-dehors j’arrache
Comme clarté ou moyen d’en faire naître.

Dans ce dehors,
Les mots percent.

Les mots sont des épées
Contre les ventres des brouillards.

 

*

Eugène Guillevic 

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21/10/17

 

sm

 

 

 

« Mon plaisir, tu le sais, fut d’aller sur la mer à petits pas.
Je suis resté des heures à discuter seul avec elle, la sourde et la causeuse, la brusque et la très tendre, la bavarde incompréhensible, l’insistante, l’obstinée, la toute-puissante qui se termine en friselis, la marchande d’horizons qui n’a rien à nous vendre et distribue son bleu à qui ouvre les yeux, celle qui ne cesse par vagues de nous rejoindre et nous rejoindre encore, la bienvenue si séparée qui s’ouvre et se referme. Venue non pas pour se donner mais pour nous contraindre à entendre quelle bizarre condition est la nôtre, vouée aux rivages, aux terrasses, lorgnant toujours vers le grand large, y voguant, y nageant parfois, ivres de notre sac de peau, mais seuls avec ce poids de chair, ce coup au coeur de crayon bleu, ces gestes vains d’amant ou de noyé, immergé dans la surdité du dieu venu frotter contre la côte un peu de son immensité »

Jean-Michel Maulpoix

« Une Histoire de bleu suivi de L’instinct de ciel »

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12/10/17

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Je viens te retrouver sur ce quai

noir d'où partent tous les bateaux.

Le sentiment que j'ai est de croire

que dans le réel vient rouler l'invraisemblable,

tout comme nous qui ne sommes

jamais de la terre ou de la mer.

De là partent les mouettes,

elles hurlent dès qu'elles s'aperçoivent

qu'elles existent moins. Et ces oiseaux

improbables sont nos paroles,

au moment où je songe à cette rencontre.

 

*

Fabrice Farre

 

 

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28/09/17

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 À travers la moustiquaire l'air épais
Nuage dans la chambre
Même les rêves ont du mal à défiler
Quand parviendrais-je à me défaire de cette nuit ?
Les pales du ventilateur rythment ton souffle
Au-dehors un aboiement plaintif instruit les ténèbres
*
Laurent Maindon

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27/09/17

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Le vent des rues est triste
le vent des cages
bon à briser
des parapluies

les fontaines asséchées
les lions de bronze dévorent
leur collier

combien de passages
encore sur cette terre
combien de mues
combien de peaux 
entassées dans l’amas
des feuilles mortes ?

Le ciel des villes siffle
il grouille de serpents.

*

Cécile A. Holdban

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18/09/17

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Garde au fond de tes yeux
comme provende heureuse
cette chaleur qui danse
au mur de ta maison
car s’approchent les heures 
de la dernière rose.

Et quand viendra la pluie
qui tombe fine et glace
tes mains serrées
sous ton manteau trop lourd
ne flâne pas sur les chemins
mais creuse sans tarder
dans le sursis de l’ombre
un abri pour ton cœur.

*

Claude Miseur

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17/09/17

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Les images de l'enfance
ont traversé les campagnes
le vent les poursuit et la pluie
vient ternir les couleurs
 
parfois une aile de lumière
les frôle et redonne vie
quelque détail ignoré
dans un lointain silence
 
à l'instant des oiseaux s'envolent
de la mémoire et de l'oubli
vers les ombres et les mirages
que le souffle du soir efface
*
Jean-Claude Pirotte

 

 

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13/09/17

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Vint un bref éclat
sur ce chemin entre les ombres
dans le ciel cinglant
de pluie et de brûlures
sur cette terre séchée le cœur battant
au milieu de toutes les voix perdues
Point n’est besoin de revenir
chercher ici la trace des symboles
tout est inscrit bien au-delà des mots
Je parle à la fenêtre ouverte
à l’intérieur des braises et des fruits mûrs
sur un ciel chargé de grains
et piqueté d’étoiles
silhouettes vives et fluides
qui habitent les confins
et attendent un signe de moi
Je parle à la fenêtre ouverte vint un bref éclat.

 

*

Michel Cosem

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